Index

Cercle des Amis

de Marie Bashkirtseff

Picture

« Mais si je ne suis rien, si je ne dois rien être, pourquoi ces rêves de gloire depuis que je pense? »


Marie Bashkirtseff, Journal, 25 juin 1884

Bulletin de liaison

octobre 2008

Cercle des Amis de Marie Bashkirtseff
5, rue J.C. Bézanier
78360 Montesson

Responsable de la rédaction

Jean-Paul Mesnage

 

 

SOMMAIRE

 

TEMOIGNAGES

Mme Catherine Loisel

P 2


LE BAPTEME DE MARIE BASHKIRTSEFF

P 3

LES OEUVRES DE MARIE BASHKIRTSEFF

L'automne

P 4


Une larme

P 5

MARIE ET SON TEMPS

Ferdinand de Lesseps et sa famille

P 6

THEATRE : Maria Baschkitseff, pièce de Ernst Andai

et Ludwig Balint, avec Nora Gregor

P 9

MANIFESTATIONS

Hommage à Marie Bashkirtseff, Nice

P 11

Conférence internationale, Poltava

P 13

Festival de la correspondance, Grignan

P 13

BIBLIOGRAPHIE

P 14

LA MORT DE MARIE BASHKIRTSEFF

P 15

POEME : Ferveur, par Robert Goin

P 16

Responsable de la rédaction
Jean-Paul Mesnage

1

TEMOIGNAGES

Cette rubrique vous est particulièrement ouverte. Comment avez-vous rencontré Marie Bashkirtseff? Voulez-vous l'exprimer - en quelques lignes ou en plusieurs paragraphes? Nous publierons ici votre témoignage.

Voici celui de Madame Loisel


« J'ai découvert Marie Bashkirtseff au cours de littérature du Centre culturel de Chantilly, le thème était « L'étude des femmes écrivains du Moyen Age à nos jours ».

Ce fut aussitôt le coup de foudre pour cette artiste surdouée, aux multiples talents.

La biographie de Colette Cosnier, puis le Journal édité par le Cercle m'ont permis d'entrer dans l'intimité de cette jeune fille, rêvant de gloire et dénonçant avec passion le sort réservé aux femmes.

C'est donc avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert ses toiles exposées au musée des Beaux-Arts de Nice, qui lui rend hommage. Quelques tableaux de Louise Breslau sa « rivale », des objets personnels et un magnifique plâtre représentant Marie à l'entrée... Tout un univers qui nous rapproche un peu plus de Marie et nous révèle ses talents de peintre et de portraitiste. »

Catherine Loisel, septembre 2008

Picture

Michel de Tarnowsky, Marie Bashkirtseff,
projet pour un monument, 1914.

2

LE BAPTEME DE MARIE

Marie naquit la nuit. Entre le 23 et le 24 novembre 1858. Son journal fournit cette précision, à la date du 24 novembre 1880: « C'est dans la nuit d'hier que j'ai eu vingt-deux ans. »

Quelques heures, ou quelques jours après sa naissance, Marie fut baptisée. Vingttrois ans plus tard, elle écrit : « J'ai eu la visite du vénérable prêtre qui m'a octroyé le saint baptême (...) Ce saint homme a essayé de séduire sa bru lui disant que son fils étant jeune la lâcherait et que lui vieux serait un bien meilleur... mari. Mais la femme lui a je crois donné un soufflet et s'est en allée. Alors il s'est tourné vers sa propre fille et a réussi. A l'heure qu'il est ce digne homme est défroqué mais habite toujours ici. Je suis entrée dans ma religion par une sacrée porte. » (Mercredi 22 juin 1881).

L'aiguière et le bassin en argent ayant servi au baptême appartiennent aux collections du musée des Beaux-Arts Jules Chéret à Nice. Ils y sont actuellement exposés à l'occasion de l'hommage rendu à Marie pour la commémoration du 150e anniversaire de sa naissance.

Picture

3

LES CEUVRES DE MARIE

La brève existence de Marie Bashkirtseff fut un combat vers un seul but : « Rester

sur cette terre par quelque moyen que ce soit. » C'est-à-dire survivre par la gloire à une mort qu'elle savait devoir être précoce. Marie hésita longtemps sur son moyen d'expression, tant ses dons étaient surabondants. Elle opta finalement pour la peinture et la sculpture.

Immédiatement Marie prit conscience des entraves imposées aux créatrices : à son époque, dessiner des modèles dénudés dans le milieu équivoque de la bohème artistique était inconcevable pour des femmes. L'Ecole des Beaux-Arts leur était d'ailleurs fermée. Mais, pour se réaliser, Marie était prête à transgresser les convenances qui régissaient la société et particulièrement le comportement féminin. Elle s'inscrivit à l'Atelier Julian, un des rares lieux en Europe offrant aux femmes artistes un enseignement identique à celui de leurs condisciples masculins. Certaine de sa vocation, Marie travailla avec acharnement, passant par des alternances d'enthousiasme et de désespoir. Car, si elle était assurée de ses dons, elle avait aussi conscience de ses insuffisances.

Durant des décennies, son oruvre souffrit de l'ostracisme qui frappa l'art traditionnel de la fin du XIXe siècle (appelé aussi art académique, pompier, officiel), c'est-à-dire l'art n'appartenant pas à l'avant-garde impressionniste.

On a dit et répété que Marie Bashkirtseff côtoya l'Impressionnisme sans s'y intéresser. Mais la plupart de ses oeuvres montrent qu'elle avait assimilé le modernisme ambiant de son époque. Son naturalisme se situe à la frontière de l'art

Picture

L'automne, 1883
Saint-Pétersbourg, Musée d'Etat Russe.

4

traditionnel et de l'avant-garde. Il suffit de regarder L'automne. Ce tableau montre une route bordée d'arbres, le long d'un fleuve. Les éléments du premier plan sont rendus avec une matière consistante, mais les végétaux sont libérés de toute valeur constructive. A mesure que la perspective de creuse, ils deviennent comme des données évanescentes, instables, sous l'effet du brouillard et du vent. Le sujet du tableau n'est pas uniquement la représentation d'un lieu : il est aussi la transcription d'éphémères impressions perçues.


Cet amalgame de la tradition et de la modernité se retrouve aussi dans ses portraits. Marie y attache plus d'importance au rendu global qu'à la description minutieuse. Ainsi, dans Une larme, la composition est ramenée à l'essentiel. Si le visage et la chevelure sont précisés, en revanche le corsage du modèle se résume à quelques indications : de brèves touches de peinture suggèrent le col blanc, tandis que le ruban est rendu avec la même économie descriptive.

Picture

Une larme, 1881
Nice, Musée des Beaux-Arts.

5

MARIE ET SON TEMPS...

Le Journal de Marie Bashkirtseff plonge ses lecteurs dans la société des débuts de la Troisième République : ses modes de vie, ses évènements, ses protagonistes - ceux qui croisent le chemin de Marie et ceux qu'elle observe de loin. Nous rencontrons le milieu artistique et celui de la littérature, le monde politique, la haute bourgeoisie et l'aristocratie, le prolétariat aussi où Marie puise ses sources d'inspiration. Elle nous initie aux habitudes mondaines : les promenades au Bois - réunion de toutes les élégances - les soirées à l'Opéra, au Théâtre Français, le Salon de peinture et de sculpture, le carnaval, les visites chez les grands couturiers. Devant nous défilent les évènements de son temps : la mort du Prince Impérial, les Expositions Internationales, le tricentenaire de la naissance de MichelAnge à Florence, les obsèques de Gambetta...

Dans cette rubrique, seront tour à tour évoqués les évènements, les rites, les personnages qui ont formé la trame de la vie de Marie.

A présent, nous rencontrerons Ferdinand de Lesseps et sa famille.

Ferdinand de Lesseps et sa famille

Le mardi 24 décembre 1878, Marie évoque son désir de fréquenter le fondateur de la compagnie de l'isthme de Suez, Ferdinand de Lesseps (1805-1894), et sa famille, par l'intermédiaire d'une amie commune, Florence Lacon, née Foster : « Là je verrai le monde intelligent. »

Enfin, le lundi 26 mai 1879, lors d'une réception aux Affaires étrangères, Marie rencontre Lesseps : « Flo m'a présenté M. de Lesseps (Mme n'y était pas) avec lequel j'ai été très gentille et qui m'a invitée très aimablement à venir les jeudis chez Mme de Lesseps, jeudi prochain avec Mme Lacon.

- Il y a beaucoup de jolies personnes chez nous, dit-il, cela se trouvera bien.

- Sans doute, répondis-je, puisqu'il y a Mme de Lesseps.

Le jeudi 29 mai 1879, Marie écrit : «Donc voici, je suis allée chez les Lesseps avec les Lacon. Madame de Lesseps a été tout ce qu'il y a de plus aimable au monde et aussitôt elle nous mène voir ses enfants, ses sept enfants tous bruns, tous beaux et tous endormis. C'est une grande curiosité que les enfants de M. de Lesseps et sa jeune et jolie femme qui en fait une "pose". »


Cette progéniture abondante, exhibée fièrement, était effectivement considérée comme un phénomène. Ferdinand de Lesseps était alors âgé de 74 ans. Il devait avoir encore 5 enfants avec cette seconde épouse, Louise-Hélène (de 43 ans sa cadette), qu'il avait épousée en 1869, lors de l'inauguration du canal de Suez, après 16 ans de veuvage « M. de Lesseps, après avoir marié la Méditerranée à la Mer Rouge, va se marier lui-même »,

6

écrivit alors Emile Zola pour ses lecteurs du Figaro.

Marie et sa famille seront très bien reçues dans cette accueillante famille.

Picture

Le comte et la comtesse de Lesseps et neuf de leurs douze enfants.



Les mémorialistes racontent que les Lesseps tenaient table ouverte - que ce soit à Paris, ou à Bellevue, dans leur pavillon d'été de style mauresque.

Certains de leurs convives, retenus à déjeuner et dîner, passaient la nuit, et restaient parfois une semaine'. Marie écrit

« C'est le salon le plus curieux de Paris à ce qu'on dit, toutes les célébrités, toutes les illustrations, toutes les ambassades, toutes les beautés (...) Je ne me suis pas amusée mais j'espère que cela va nous ouvrir ce salon et ce sera toujours ça de fait.»

Le lendemain, Marie envoyait de la part de sa mère une carte de visite à Mme de Lesseps : « Avec mille remerciements pour l'amabilité que Mme de Lesseps a eue hier pour sa fille ».

Le 31 mai, les Bashkirtseff recevaient deux cartes du comte et de la comtesse de Lesseps : « La première avec un simple : Resteront chez eux etc. et l'autre avec Remercient Mme Bashkirtseff pour la charmante visite de Mlle Bashkirtseff et seraient avec plaisir venus mais ayant leur journée prise ils espèrent être plus heureux la semaine prochaine. ».

1   Ghislain de Diebach, Ferdinand de Lesseps, éditions Perrin.

7

Ce n'est que le jeudi 31 juillet 1879 que Mme de Lesseps se présenta chez les Bashkirtseff, avenue Montaigne, pour les inviter le soir même. « M. de Lesseps est revenu dîner à Paris et repartira demain pour faire une conférence à Nancy pour les fêtes. C'est un homme véritablement prodigieux. Ce soir il a valsé (...) Il n'y avait pas beaucoup de monde, les maîtres de la maison ont été absolument charmants pour nous, mais ne connaissant presque personne, je me sentais mal à l'aise. Nous avons fait la connaissance de Mme de Givry et de sa fille. Mais la saison est peu favorable aux connaissances, tout le monde part. Je n'ai pas eu trop de succès et il faisait une chaleur! Presque personne n'a dansé malgré M. de Lesseps qui tâchait de donner le mouvement. »

Le samedi 7 juin, c'est au tour des sept enfants du couple de rendre visite à Marie « Ces enfants de Lesseps sont une chose curieuse. Ils sont habitués à être donnés en spectacle et exécutent des mouvements ordonnés. Au bout de cinq minutes de séjour ils étaient comme chez eux, et puis ils ont demandé que je fasse leurs portraits, chacun a posé à son tour; j'ai mis quatre ou cinq minutes à les croquer tous les sept et l'aîné a trouvé que c'était bien fait. »

Un mois plus tard, le dimanche 6 juillet 1879, les sept enfants reviennent pour excuser leur mère qui n'a pu venir elle-même et qui envoie à Marie « les photographies de son mari, de ses enfants et d'elle. »

Le jeudi 7 août, Marie retourne chez le comte et la comtesse : « Mme de Lesseps m'a envoyé des roses et un vase en cristal avec une lettre des plus aimables. A la fin de la soirée nous sommes restés huit ou dix au plus jusqu'à une heure et demie du matin. »



Mais les relations si cordiales entre les Lesseps et les Bashkirtseff furent rompues par un homme dont Marie avait fait la connaissance ce soir-là : Henri Hecht, un négociant en ivoire, ambre, écaille, grand amateur d'art, musicien

« Mme de Lesseps mit Hecht au piano et je suis allée l'écouter. Il est musicien jusqu'au bout des ongles. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup qui puisse faire autant plaisir que lui en jouant du piano (...) En somme c'est un homme agréable et nous avons causé (...) Il m'avoua ensuite qu'il avait rarement rencontré une femme aux idées si larges et à l'esprit aussi délié. »

Hecht devint l'intime des Bashkirtseff durant un temps - tout en les desservant auprès des Lesseps : il prêta ses propres calomnies à Mme Bashkirtseff

« Hecht (...) a dit à Mme de Lesseps que maman traitait son salon de réunion de ramassis et qu'il fallait balayer. Et Mme de Lesseps de retour à Paris ne nous a plus invitées chez elle. Je n'y comprenais rien et pensais qu'elle avait oublié à la veille de son départ pour Panama. Mais voilà que maman est allée chez Mme Sholton, une amie des de Lesseps, qui lui a raconté tout. Le plus joli c'est qu'à Dieppe au casino, cet ignoble Juif avait dit devant moi : « Charles de Lesseps (fils) et moi, nous prendrons un balai et nous balaierons le salon qui est trop encombré grâce à la facilité de Madame et à l'insouciance de M. de Lesseps. » Le monde est plein de petites infamies de ce genre (...) C'est un vilain monsieur, il dit du mal de tout le monde. » (lundi 19 janvier 1880).

Marie déplorera la situation, mais elle ne tentera pas de provoquer avec les Lesseps une explication franche qui aurait assaini leurs relations. Elle ne répondit pas aux ultimes avances du comte et de la comtesse quand ils déposèrent leur carte chez elle, le jeudi 29 avril 1880.

8

Maria Baschkirtseff

C'est le titre de la pièce en trois actes et cinq tableaux de deux auteurs hongrois, Ernst Andai et Ludwig Balint, qui fut créée au Théâtre national de Budapest, puis, après sa traduction en allemand par Sigfried Geyer, à Vienne, au Burgtheater, le 25 mai 1935.



L'action se déroule de 1877 à 1884.

L'acte I se situe à Rome, et évoque le flirt entre Marie et Pietro Antonelli. L'acte Il a pour cadre l'Atelier Julian, à Paris.

L'acte III se passe dans l'hôtel particulier de Marie, rue Ampère.

L'acte IV a pour décor la mansarde du peintre Louise Breslau, camarade et rivale de Marie à l'Atelier Julian.

L'acte V évoque la mort de Marie dans le grand salon de son hôtel particulier.

L'interprète du personnage de Marie Bashkirtseff - Nora Gregor - fut une des reines de la scène viennoise. Elle fit aussi une carrière cinématographique à Hollywood.

En 1937, elle épousa le prince Ernst Rüdiger Starhenberg. L'année suivante, elle dut partir pour la France lors de l'annexion de l'Autriche par Hitler, en raison de ses origines juives.

En 1939, elle jouait dans La règle du jeu de Jean Renoir. Avant l'invasion de la France par les nazis, elle put s'enfuir au Chili.

Elle se suicida en 1949, à Santiago.

9

Picture

10

MANIFESTATIONS

Hommage à Marie Bashkirtseff

Nice, musée des Beaux-Arts 7 mars 2008 -11 janvier 2009

La Ville de Nice célèbre Marie à l'occasion du 150' anniversaire de sa naissance, le 24 novembre 1858, à Gavronzi, prés de Poltava en Ukraine.

Le musée des Beaux-Arts présente des autoportraits et portraits réalisés par Marie, des objets lui ayant appartenus (l'aiguière et le bassin de son baptême, une bonbonnière à son effigie, des livres, le cahier n° 89 de son journal intime, ainsi que des oeuvres des artistes qu'elle côtoya : Anna Nordgren, Louise Breslau, Jules Bastien-Lepage...

Picture

Jules Bastien-Lepage, Le grand-père de l'artiste.
Louise-Catherine Breslau, Autoportrait.

Parallèlement, des événements « Autour de Marie Bashkirtseff » sont programmés durant le mois de novembre


THEATRE : Marie Bashkirtseff, Journal intime.

Picture

11

Production du Théâtre de la Semeuse, Nice.

Création : Frédéric Rey ; comédienne : Cécile Mathieu ; piano : Claude Galvez; scénographie : Thierry Dardanello.

Représentation au musée le mercredi 12 et les samedis 22 et 29 novembre 2008, à 20 heures.



REGARD CONTEMPORAIN SUR LA COLLECTION


Dans le cadre d'un programme didactique autour des collections du musée, Marie Bashkirtseff fera l'objet de la réalisation d'une oeuvre contemporaine dialoguant avec ses tableaux.

CONFERENCES

Vendredi 14 novembre 2008, à 16 heures.

Philippe Carette :La Bashkirtude

Lucile Leroy : Marie Bashkirtseff, chronique d'une saison d'hiver à Nice, janvier - avril 1882.


Vendredi 21 novembre 2008, à 16 heures.

Colette Cosnier, L'éducation des filles à travers les journaux intimes au XIXe siècle.

Vendredi 28 novembre 2008, à 16 heures.

Tatiana Mojenok, La muse de la décadence - ou la place de Marie Bashkirtseff dans la peinture russe et son image dans la littérature russe - Tatiana Zolozova, Marie Bashkirtseff.

PUBLICATIONS


Marie Bashkirtseff, un rêve de gloire, B. Debrabandère-Descamps, Régie autonome, réédition français-anglais, 48p. 26 ¡II. Coul., juillet 2006.

A paraître


Marie Bashkirtseff, actes des conférences, Régie autonome des musées de Nice,

2009.

Nous remercions Madame Rémusat-Remion qui a fait don au Cercle d'un exemplaire du catalogue de l'exposition « Marie Bashkirtseff, un rêve de gloire », ainsi que Madame Loisel qui a offert une reproduction du Portrait de jeune femme au chapeau ainsi que la topographie du musée des Beaux-Arts de Nice avec l'emplacement des oeuvres de Marie.

12

Conférence internationale dédiée au 150e anniversaire de
Marie Bashkirtseff - Poltava

A ce jour, il nous a été impossible de collecter la moindre information sur cette manifestation annoncée par la Mairie de Poltava, le Gouvernement de la région de Poltava et la Fondation « Renaissance de la mémoire de Marie Bashkirtseff».

Les tentatives de Madame Rémusat-Remion auprès des services culturels de l'ambassade d'Ukraine sont restées sans réponse.

Nous avons écrit à l'une des chargées d'informations (Tatiana Chugunova - e-mail ronsard@mail.ru) mais aucun contact n'a pu être établi.

13e Festival de la Correspondance
de Grignan
2 au 6 juillet 2008

Nous remercions Monsieur Groslier de nous avoir adressé les informations concernant le 13° Festival de la Correspondance de Grignan dont le thème, cette année, était « L'art et l'écriture»


« GUSTAVE COURBET, L'ENRAGE» par Sara Giraudeau et Michel Fau, « DELACROIX - GEORGES SAND, L'AMITIE CLAIR-OBSCUR» par Elsa Zylberstein et Thierry Frémont, « VINCENT, THEO, LE RENDEZ-VOUS DES GENIES » par Neil Arestrup, « L'ANGUISSOLA ET MICHEL-ANGE, UNE CORRESPONDANCE AMOUREUSE » par Cyrielle Clair et François Beaulieu, « CHER DIEGO, QUIELA T'EMBRASSE » par Claire Chazal, « ELISABETH VIGEELEBRUN» par Sabine Haudepin... »



Parallèlement à un concert', se sont déroulés, le dimanche 6 juillet, une « Rencontre littéraire » ainsi qu'un « Cycle de lecture - spectacle » consacrés à Marie Bashkirtseff


- à 15 heures 30, dans la Cour du Tricastin, « UN PEINTRE, UN ECRIVAIN, UNE

2 Oeuvres de Eberlin « Messe basse en la mineur », Caldara « Laudate pueri Dominum », Bach « Aria pour basse extrait de la cantate BWV 42 », Mozart « Messe brève en ré majeur KV 194 », par l'Ensemble vocal et instrumental Luscinia.

13

SEDUCTION INTEMPESTIVE : rencontre épistolière Guy de Maupassant   Marie Bashkirtseff », par Marie Laforêt.


- à 19 heures, à la Collégiale, «MARIE BASHKIRTSEFF, l'étoile filante » Adaptation libre : Jean-Pierre Guéno

Mise en lecture : Sally Micaleff

Avec Cécile Cassel

« Marie Bashkirtseff est une femme du 21e siècle qui vécut au 19e siècle. Elle aurait put être cantatrice, elle fut une grande peintre. Elle est morte en 1884, emportée par la tuberculose. Elle allait avoir 26 ans. Son Journal censuré par sa mère est aujourd'hui restitué dans sa version originale : le spectacle vous en offre le meilleur, la trajectoire de Marie, l'étoile filante. »

BIBLIOGRAPHIE

Si tu lis jamais ce journal, diaristes russes francophones 1780-1854, par Elena Gretshanaïa et Catherine Viollet, CNRS Editions, 2008, 345 P



Le spectaculaire journal de Marie Bashkirtseff est le plus célèbre des ouvrages littéraires du genre, mais il s'inscrit aussi dans une longue et riche tradition du diarisme féminin en Russie que démontre cette étude passionnante réalisée à partir de documents écrits en français. De ses journaux, conservés dans des archives de Moscou et de SaintPétersbourg, seuls de rares extraits avaient été publiés jusqu'alors.

14

LA MORT DE MARIE

Marie décéda le 31 octobre 1884, à quatre heures du matin, dans son hôtel du 30 rue Ampère, à Paris.

Une légende doloriste visant à faire de Marie l'héroïne désuète d'un destin bref et émouvant a travesti sa mort dans un sens pathétique.

Albéric Cahuet, qui reçut les confidences de Mme Bashkirtseff, relate dans la première biographie de Marie

«Les lueurs du petit jour filtraient par les persiennes. Elle regarda la veilleuse près de s'éteindre à son chevet

- Nous finirons ensemble, murmura-t-elle »'


La légende tragique s'amplifia en se modifiant

Emile Henriot, qui s'informa auprès de Pierre Borel (auteur de travaux peu scrupuleux sur le Journal de Marie) écrit dans ses Portraits de femmes ` : «Elle mourut en prononçant ces mots, qui tirent les larmes : "Maman... maman... la vie... c'est beau!»


Cependant, à cette époque, le prince Bojidar Karageorgevitch avait déjà combattu l'image éronnée de Marie où il ne retrouvait pas celle qu'il avait connue. Témoin de sa mort, il en donna les détails dans La Revue des Revues de janvier 1904.

Il avait veillé Marie en compagnie de Julian ; vers 4 heures du matin, le chien Coco se mit à hurler. «Marie se souleva un peu, fit entendre un soupir très doux, le soupir des tout petits enfants qui s'éveillent et deux grosses larmes roulèrent sur ses joues... puis sa tête retomba sur l'oreiller.»

Picture

Marie sur son lit de mort
par Gustave Courtois

3 Moussia, ou la vie et la mort de Marie Bashkirtseff, p.234.

4 Editions Albin-Michel, 1950. p. 444.

15

Picture

FERVEUR

L'impatient désir de gloire, Marie,
On le retrouve dans tes Lettres, ton Journal.
Souvent ton coeur s'affole et ta volonté crie,
Tu veux être toujours la reine dans un bail

Vers les cimes de l'Art tu chemines sans trêve
En sachant trop, hélas, que tes jours sont comptés,
Mais croyant qu'il n'est pas étranger à ton rêve
Ce laurier qui fleurit parfois avant l'été...

Robert Goin

Poète, Monsieur Goin était un admirateur passionné de Marie Bashkirtseff. Il fut un des premiers membres du Cercle.

16

Cercle des Amis de Marie Bashkirtseff
5, rue J.C. Bézanier
78360 Montesson

Responsable de la rédaction

Jean-Paul Mesnage


Index